Sagesse et histoire de la sagesse
10 11 2005Autocitation:
[…] me relisant, je crois que j’ai été très négatif dans ma description. Je me reconnais dans la description faite par J***: je crois qu’il y a un devoir ‘de mémoire’ envers ces hommes et ces femmes du passé, qui ont voulu comprendre le monde et se comprendre eux-mêmes. il y a quelque chose de magnifique, d’héroïque, d’exemplaire à vouloir trouver un sens à l’existence humaine et à l’univers, et à définir ce qu’est un comportement adéquat, surtout parce le contexte des auteurs du passé était parfois très difficile, ponctué de guerres civiles et de graves difficultées politiques. J’aime Dante, Ockham, Boèce de Dacie et même Thomas d’Aquin (!), sans parler de tous les autres, moins connus, parce qu’il y a du courage et un engagement personnel fort dans leurs oeuvres. Ce ‘devoir de mémoire’ et de justice historique (rétablir les faits, en somme), doit être réalisé. Au fond, il ne s’agit pas d’idéaliser les savants du passé: ce ne sont que des hommes et des femmes, rongés par l’envie, la crainte et la méchanceté; des nains trop humains sur des épaules de géants tout aussi humains. Ce qui m’étonne toujours c’est que le destin personnel de ces auteurs et la fortune variable de leurs oeuvres devraient nous enseigner la modestie, sans parler des contenus de certaines oeuvres ou de certaines traditions, qui ont pour but explicite le bonheur humain et l’état de bien-être. Sachant cela, comment peut-on mal se comporter dans un cadre académique et personnel? J’aime beaucoup les pages de Pierre Hadot sur l’ascèse que demande la recherche historique et sur les rapports entre sagesse antique, méthode historique et philosophie en général. L’histoire de la pensée oriente indirectement vers une certaine forme de sagesse.
Sagesse passée, sagesse d’aujourd’hui et histoire de la sagesse.





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