Problème de contexte référentiel: “retraite” renvoie, dans l’imaginaire de chacun (dans l’encyclopédie verbale que nous partageons tous), à “introspection”, “méditation”, “monastère”, “sobriété”, “discrétion”, “montagne”, “campagne”, “solitude”, “chambre modeste”, “promenade”, “nature”, etc. “Retraite” ne renvoie pas, ou difficilement, à “jet privé”, “yacht”, “60 mètres de longueur”, “plongeon”, “maillot de bain”, “luxe”, “cabines”, “personnel de bord”, “croisière”, etc.
Un décalage, très curieux, mais sans doute très calculé, et surtout très commenté par, entre autres, Daniel Schneiderman, Jean-Michel Apathie et, indirectement, Christophe Barbier.
Ce nouvel usage peut inaugurer de nouvelles expressions, du genre “cet été, je vais partir en retraite à Ibiza”, ce qui signifierait que l’on va passer quelques jours sur l’île méditerranéenne, à se trémousser, sans dormir et avec ardeur, sur les dancefloor installés sur la plage, au son postmoderne et vaguement répétitif de l’ultime remix du dernier dj à la mode, dans les effluves riantes et hallucinatoires de produits psychotropes chimiques et illicites.
Le progrès, le progrès: quand la politique ouvre de nouvelles perspectives linguistiques.
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