Mettre un tigre ou un léopard dans son moteur?

30 10 2007

Voici trois jours que je fouine, je farfouille, je cherche tout ce qui peut concerner l’installation de Mac OS X Leopard dans mon bon vieil ibook G4. Après trois jours d’investigation, de récolte d’indices et d’enquête de voisinage, j’ai enfin assez d’éléments à charge pour dresser la liste des raisons qui me poussent à résister à la terrible tentation et à ne pas installer la dernière version en date du système d’exploitation. Ca n’intéresse sans doute personne, mais cette liste me brûle les doigts, alors autant qu’elle soit expulsée et exposée ici. Je n’installerai donc pas Mac OS X Leopard, pour les raisons suivantes:

  • parce que j’ai une pile de choses à faire et que je n’ai pas le temps d’installer et de découvrir ce système d’exploitation;
  • parce que je suis de nature méfiante et que j’ai bien peur que mon ibook G4 ne supporte pas toutes ces nouveautés;
  • parce que le nouveau dock n’est pas très beau (paraît-il);
  • parce que j’ai lu des recensions très ironiques;
  • parce que mon ibook marche très bien, merci;
  • parce qu’un jour j’achèterai un macbook et que Leopard sera fourni par défaut;
  • parce que je préfère les tigres au léopards;
  • parce que je suis déjà un peu court au niveau de l’espace encore libre sur mon disque dur;
  • parce que j’attends que les autres fassent les mauvaises expériences avant de foncer tête baissée;
  • parce que je n’ai aucune envie de débourser l’argent exigé, un point c’est tout;
  • parce qu’en somme, il est bien comme il est, mon ibook tigré.

Amen… Amen? Amen!



La vérité dans le monde

24 10 2007

Je ne vais pas m’immiscer dans le débat Faut-il débrancher l’école?, ipol ouvrant la discussion à ceux que cela intéresse. Pour ma part, ce qui me frappe, c’est l’argument invoqué par Finkelkraut dans la séquence vidéo ci-dessous, en particulier l’utilisation d’un article (non précisé) du Monde dans sa démonstration. Je cite:

Qu’est-ce qu’on dit aujourd’hui? Je le lis dans Le Monde: “à force d’être sollicité par mille choses à la fois, la capacité de concentration des enfants se réduit comme peau de chagrin”.

Et tout le monde semble d’accord, mwoui mwoui, ah ces enfants qui peinent à se concentrer à cause de l’internet (et je vous épargne les détails concernant ces adultes qui passent leur journée devant leur écran). Rembobinons cette séquences quelques secondes: quel est cet article cité par Finkelkraut? Qui en est l’auteur? Un psychologue qui a mené des expériences précises? Un journaliste? Un enseignant? Cet exemple d’argument d’autorité est très intéressant: sa valeur réside non pas sur l’expertise de l’auteur d’un article mais sur le journal qui accueille ledit article. En résumé: c’est vrai, parce qu‘un article du Monde le dit.
Applaudissons ce petit tour de prestidigitation rhétorique et saluons bien bas la performance oratoire et télévisuelle d’Alain Finkelkraut. Chapeau, l’artiste!



Souvenirs impérissables

23 10 2007

Ce matin, on m’a parlé des Chevaliers du zodiaque…
J’ai un souvenir nébuleux des Chevaliers du zodiaque: des personnages baroques et suréquipés, qui tiennent des dialogues interminables avec des adversaires auxquels ils ont explosé les yeux, la colonne vertébrale et le foie, tout en se remémorant un épisode crucial de leur difficile enfance (le jour où j’ai achevé, à mains nues, un ours sauvage et mal disposé, le jour où un vieux maître haut comme trois pommes, au bord d’une improbable cascade, énonce une parabole incompréhensible qui prend tout son sens, là, maintenant, alors que j’ai perdu trois dents, un bras et deux jambes).
J’étais sans doute trop jeune pour saisir la sagesse impérissable de tout cela.



Twitter Tools

22 10 2007

Ce matin, installation de Twitter Tools de l’excellent Alex King, plug-in pour Wordpress qui permet de créer des passerelles entre ce dernier et Twitter. A ma grande suprise, Twitter Tools est très simple d’usage: il est directement reconnu dans les widgets de Wordpress et permet une intégration plus précise des notes Twitter dans le menu latéral; il y a de nombreuses options, via un menu dédié, dont l’envoi automatique d’une note dans Twitter à chaque mise à jour du blog.
Les textes  et les dates étaient en anglais, si bien que j’ai dû mettre mon nez dans le code pour changer tout cela; j’y ai survécu et le résultat me satisfait. Un bon lundi matin, donc.



Simplicité intérieure

13 10 2007

La citation du jour est due à Paul Veyne, historien de l’antiquité et professeur honoraire au Collège de France, qui, dans un entretien de 1999 repris dans l’ouvrage Sexe et pouvoir à Rome (Paris, 2007, p. 42) dit la chose suivante:

Est-ce, aujourd’hui, l’Occident doit encore quelque chose à Rome?

Rien! Parce qu’il y a eu la révolution chrétienne, cette radicale transformation du moi apportée par le christianisme. Il y a une espèce de naïveté dans la civilisation antique, ils sont très peu psychologues, ils ont une intériorité simplette. La mort n’est rien parce que si on est vivant on n’est pas mort et si on est mort on ne sait pas qu’on est mort… Si peu de sens psychologique. Saint Augustin nous en apprend, d’un seul coup, dix fois plus sur le coeur humain - l’ambivalence des sentiments, la culpabilité, toutes ces choses louches… Les Romains n’ont aucun sens de l’analyse intérieure, ils ont des idées sommaires sur les comportements. Le Stoïcisme est un dogmatisme peu subtil.

Il y a beaucoup à dire au sujet de cette description de la psychologie antique. D’un point de vue interprétatif, il s’agit soit de comprendre ce qui est dit d’une façon littérale, soit de postuler une ironie dans cette description, qui dirait alors exactement l’inverse de ce qu’elle semble dire.

Dans le premier cas, l’affirmation prise telle quelle est d’une rare brutalité: même s’il est historiquement vrai que le christianisme modifie le discours sur l’intériorité, il y a de nombreuses preuves textuelles qui indiquent que les auteurs antiques et préchrétiens, ont été très préoccupés par la vie intérieure, du scito te ipsum socratique aux aphorismes de Marc Aurèle, en passant par Ovide (et j’en passe). On ne peut accuser Paul Veyne d’un parti pris idéologique qui lui ferait surestimer le rôle du christianisme dans cette affaire, lui qui fût membre du parti communiste dans ses jeunes années. Si certains antiques n’avaient été angoissés face à la mort, il aurait été inutile de démontrer qu’il ne faut pas craindre la mort. Et Saint Augustin, si riche dans ses descriptions des mouvements du coeur humain, ne tombe pas du ciel et trouve son inspiration dans un contexte littéraire et philosophique qui le précédait et qui n’était pas complètement et exclusivement déterminé par le christianisme.
Dans le deuxième cas de figure, une interprétation ironique, un deuxième degré, est donc à privilégier: de quoi l’occident est-il redevable au monde antique? réponse: d’une intériorité complexe, d’une psychologie subtile, très éloignée de la culpabilité intérieure («toutes ces choses louches», comme le dit Paul Veyne) introduite par le christianisme. Mais j’ai beau chercher, je ne détecte pas d’indicateurs clairs et fiables qui indiquent une quelconque ironie et autorisent une telle interprétation de cet extrait. Ces indicateurs ont-ils disparus lors de la transcription du dialogue, du passage de l’oralité à l’écrit? Malgré toutes les précautions, cela reste toujours possible.
Face à cette ambiguïté, j’ai de la réticence à comprendre ce qui est dit tel quel, car je ne n’éprouve aucune satisfaction à constater qu’un historien si reconnu et si respecté puisse énoncer une telle énormité.



Allez, donne-moi le ballon

9 10 2007

Trois petites séquences qui me font bien rire: il s’agit de séquences promotionnelles en marge de la coupe du monde de rugby, qui mettent en scène l’excellent Serge Simon, ancien joueur de rugby, devenu consultant pour la presse écrite et la télévision, et que l’on peut également retrouver sur son blog. Sans connaître particulièrement le rugby (et, pour tout avouer, j’ignorais tout de Serge Simon il y a encore quelques semaines), j’ai un plaisir sans limites à l’entendre parler du ballon ovale, tant ses remarques sont précises, intelligentes et souvent ironiques. Il arrive parfois que les gens qui parlent très bien d’un sport (ou de tout autre chose, d’ailleurs) donnent l’envie de prendre le temps de s’y intéresser un peu plus. Bref, voici ces trois séquences que je me passe en boucle (je prends un risque en avouant cette fixette momentanée, qui ne fait peut-être rire que moi):




Wojtek Siudmak

5 10 2007

tableau

Dans l’humeur du moment, un tableau de Wojtek Siudmak (via Monster Brains).