J’aspirais pourtant à transcrire des lignes moins frivoles, à présenter des images moins futiles, mais la vie est ainsi faite, des séquences me captivent, vaines et jouissives.

Courir, par un dimanche après-midi pluvieux, dans les forêts vallonnées belges, sur une piste sèche qui devient soudain, à deux tours du drapeau à damier, humide, très humide, mouillée, se faire soudain surprendre par un adversaire alors qu’on est seul en tête, tenter de récupérer sa position, sortir de la piste, rouler dans l’herbe détrempée, éviter de justesse un concurrent à la dérive, se trouver à nouveau en tête, espérer y rester, partir en tête à queue, retrouver le chemin de la piste, repartir en tête à queue et finir sa course dans le mur blanc.

Ce qu’on ne voit pas: s’extraire de la monoplace, relever la visière de son casque, rejoindre à pied les stands, s’enfermer dans son espace privé, prendre un douche pour oublier ce dimanche décidément pourri et cruel.